Remords (extrait)

Remords est un court métrage horrifique. Au début du scénario, un homme se rend chez un couple et, avec l’aval du mari, descend au sous-sol avec la femme. Lorsqu’il remonte, il est couvert de sang. Dans cette séquence, on découvre Julien pour la première fois.

EXT. ROUTIER – PARKING – NUIT

JULIEN (26) est assoupi dans sa voiture, derrière le volant. Sur le banquette arrière, une blouse d’infirmier a été jetée sur un paquet d’autres choses : déchets de McDo, vêtements, CD… Un klaxon le réveille brusquement. Il jette un oeil à sa montre. Il ouvre la portière et sort. Il marche sur le parking, direction la station service. Il passe devant la voiture de l’HOMME, reconnaissable à l’autocollant.

INT. ROUTIER – NUIT
Il est tard, mais il y a plusieurs personnes à l’intérieur. Le COMMERCANT, derrière sa caisse, un COUPLE assis devant des cafés, une PROSTITUEE qui boit un cocktail au comptoir, et DEUX TYPES attablés qui discutent, l’un en costume et le second en survêtement. Un sac de sport est posé au sol, au pied de la table. Un JEUNE HOMME règle au comptoir et sort. Il croise JULIEN qui entre. Une fois à l’intérieur, il s’arrête un instant pour regarder autour de lui, toujours dans le gaz. Les DEUX TYPES s’arrêtent de discuter et le fixent. JULIEN se décide à bouger et va s’asseoir au comptoir, alors que les DEUX TYPES ont repris leur discussion. Le COMMERCANT le regarde, amusé. JULIEN, encore un peu endormi, regarde à s’adresse à lui.

JULIEN
Un café, s’il vous plait.

COMMERCANT
Bien, mon bon monsieur !

Le COMMERCANT attrape une tasse et prépare le café.

COMMERCANT
Alors, on a bien dormi ?

JULIEN
Pardon ?

COMMERCANT
Je t’ai vu, sur le parking. Tu ronflais sur ton volant, la bouche grande ouverte !

JULIEN esquisse un sourire forcé. Le COMMERCANT pose son café devant lui.

COMMERCANT
Qu’est-ce qui t’amène dans le coin à cette heure-ci, gamin ?

JULIEN
Rien de spécial.

COMMERCANT
T’as attendu deux heures sur le parking pour rien de spécial ? (il rit) T’as un rendez-vous secret, c’est ça ?

JULIEN est pris d’un léger soubresaut, comme un tic. Il change d’expression, a l’air dur. Il se tourne lentement vers le COMMERCANT. Il s’adresse à lui froidement.

JULIEN
T’emmerdes tous les clients comme ça, ou c’est ma tête qui te revient pas ?

COMMERCANT
Ca va, t’énerve pas petit, je faisais que causer…

JULIEN remarque la PROSTITUEE, de l’autre côté du comptoir, qui le regarde avec insistance. Sa réaction a visiblement attiré son attention. Il s’arrête sur elle, et la regarde fixement. Un BADAUD passe dans son champ de vision et se rend au comptoir, ce qui fait passer à autre chose le COMMERCANT. JULIEN et la PROSTITUEE se regardent intensément. Elle se mord les lèvres, lui respire de plus en plus fort. Il lui indique du regard les toilettes et elle s’y rend lentement, jetant des regards par-dessus son épaule pour voir s’il la suit. JULIEN boit son café cul sec, pose une pièce sur le comptoir, se lève et se dirige vers les toilettes. Les sons sont devenus sourds autour de lui, distordus. Il avance, elle entre dans les toilettes dames et la porte se referme derrière elle. Il s’arrête devant. Un instant. Quelqu’un ouvre brusquement la porte des toilettes hommes, le faisant sursauter. Il semble abasourdi. Les sons sont redevenus normaux. Il se frotte les yeux et se détourne, puis entre dans les toilettes hommes.

INT. ROUTIER – TOILETTES – NUIT

JULIEN entre dans les toilettes. Aussitôt à l’intérieur, la lumière s’allume et les haut-parleurs jouent de la musique de chambre. Un air de piano. Il se rend à un urinoir, et commence à uriner. Tandis que l’urine s’écoule le long de la paroi, les enceintes grésillent, la musique est jouée par intermittence.
JULIEN tourne la tête par-dessus son épaule pour regarder derrière lui, peu rassuré. Personne. Le grésillement s’arrête, la musique continue normalement. Il se rhabille, se dirige vers les lavabos. La musique s’arrête net.

Un grésillement, puis plus rien. JULIEN a ralenti sa marche. Il atteint le lavabo et se lave les mains. L’eau fait un bruit très léger. JULIEN se rince les mains. Soudain les chasses d’eau de tous les urinoirs se mettent en marche dans un vacarme semblable à des chutes d’eau. Il sursaute, regarde les urinoirs. Il soupire, tendu. Il se tourne vers la porte et tombe nez-à-nez avec l’HOMME.